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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 22:15

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Alors oui, Wes Anderson est un réal atypique, oui il est réellement un génie du cadre, oui il arrive à réunir un casting en mode dream-team à chacun de ses films. Oui mais voilà, souvent prisonnier de son concept et de la perfection formelle qu'il veut amener, il pêche dans l'émotion car il manque souvent à son cinéma ce lâcher-prise nécessaire pour émouvoir. Son cinéma reste donc souvent bloqué dans son dispositif (qui peut paraître froid par rapport à ces personnages), là où il aurait besoin d'être plus organique. J'adore Anderson quand il fait du loufoque, quand il est drôle. J'adhère moins quand il tente d'émouvoir...

Et ce "Grand Budapest Hôtel" arrive justement à point nommé dans la filmo du bonhomme. Cherchant moins à émouvoir (par rapport, par exemple, à "A bord du Darjeeling limited"), il assume parfaitement le délire de son pitch et met son cinéma au service de ce concept. Et, du coup, ça marche à 100%. De choix de narration excitants (le récit en "poupées russes") aux formats de cadre qui varient (du CinémaScope jusqu'au au format carré) le film est marqué de la patte de son réal du début à la fin. Le principe même de flashbacks successifs peut paraître au début assez inutile, mais finalement amène de quoi justifier les délires formels du film par la suite ; en effet, sorte de téléphone arabe, les récits deviennent de plus en plus loufoques et délirants à chaque fois qu'on remonte un peu plus dans le temps, comme-ci avec le temps les histoires s'étaient muées en fonction des récits successifs ; du présent qui fait très "réel" aux années 20 complètement barrées.

 

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/01/10/12/56/392875.jpg

 

Autour d'un récit en forme de Cluedo, s'accumulent les rencontres (le casting est comme d'habitude dingue), les péripéties loufoques, les décors colorés. Le concept formel a souvent de quoi surprendre mais fonctionne à merveille dans l'hommage aux films muets: le cadre est carré, les mouvements semblent accélérés. Un récit un peu plus resserré aurait peut-être permis au film de gagner en efficacité, mais l'ensemble reste rafraichissant et définitivement original.


Un film dynamique, définitivement original dans sa forme et sa narration. Wes Anderson a beau avoir, selon moi, des défauts, il prouve en revanche toujours qu’il est possible de faire un cinéma exigeant mais pas élitiste, et surtout toujours original puisque son cinéma se réinvente à chaque fois malgré les (évidentes) ressemblances de chacun de ses films. Et rien que pour ça on ne peux qu’applaudir.

 

 

Film vu en VOST numérique, Pathé Boulogne

Fiche Allocine

Fiche IMDB

 

 

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Published by cineguitt - dans Avis
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