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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 21:05

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"The bling ring", le nom donné à la bande d'ados qui, entre 2008 et 2009, cambriola les villas de quelques célébrités à Los Angeles et qui donne son nom au nouveau film de Sofia Coppola. C'est la première fois que celle-ci se penche sur l'adaptation de faits réels, "Marie-Antoinette" n'étant pas à proprement parlé une histoire vraie et "Virgin suicides" - contrairement à ce qu'on pense - est la simple adaptation d'un livre. Pourtant peu de révolution à priori sur ce projet, bien au contraire on retrouve dans le pitch toute la substance du cinéma de Coppola fille ; les affres adolescentes et l'ennui, luxe bourgeois par excellence, d'une classe aisé en manque de sensation.

 

Rusée, Sofia Coppola évacue la problématique du "tiré de faits réels" dès le départ ; bien souvent le principe même du genre virtualise tout suspens car le public est (à priori) au courant de la finalité. Ici le film entre dans le vif du sujet en dévoilant dès le départ que tout ça va se finir au tribunal. La problématique n'est donc pas là, ce n'est pas l'aspect policier qui est traité, ce n'est pas ce qui intéresse Coppola. Ce qui l'intéresse ce sont ses protagonistes, ou comment une bande à priori à l'abri du besoin (financier tout du moins) vont chercher des sensations fortes pour combler l'ennui de leur existence et la quasi absence de soutien parental (les parents sont soit perchés, soit absents, soit virtuellement présents - la scène du petit déj où tout le monde se tourne le dos). Ce qu'ils recherchent ce sont la vie qu'on leur vend dans les pages People, celle de la frime, de m'as-tu-vu , du luxe et du concours de celui qui aura le plus d'amis sur FB. Ce besoin de notoriété est largement catalysé par Internet, outil indispensable au "gang" qui a su trouver toutes les infos utiles (adresses et dates de déplacement des stars) et a permis avec une facilité déconcertante, et beaucoup de chance aussi, de s'introduire dans les villas qu'on pensait inaccessibles (Paris Hilton a depuis pensé à ne plus mettre sa clé sous son paillasson je pense). Le film prend une dimension tout autre quand on sait en plus qu'il prend pour décor souvent la vraie maison de Paris Hilton avec tous ces accessoires... Cela donne un aspect assez vertigineux quand on voit la débauche de fric. C'est simple si cette histoire n'avait pas été vraie, personne n'aurait pu le croire.

 

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Finalement le vrai problème du film, mais aussi ce qui en fait aussi son intérêt, c'est qu'il est obligé de décaler le curseur habituel ; ce n'est ni plus ni moins que des riches qui volent des encore plus riches. Du coup au niveau de l'empathie envers les protagonistes cela s'avère difficile ; ce ne sont pas des "Robin des bois" du coup leurs soucis s'avèrent quand même un brin futiles par rapport aux protagonistes de "Spring breakers" dont le film fait en partie echo. Sauf que justement ce dernier suivait des ados largement plus défavorisées et paumées que celles de "Bling ring" dont les problèmes s'apparentent plus à des problèmes de riches. Le film apparaît du coup trop sage dans se dissection que le film de Korine qui était lui plus hardcore mais aussi plus juste sur l'errance adolescente. Le parallèle entre les 2 films est aussi amené par une Emma Watson qui s'acoquine avec le ciné d'auteur un brin audacieux pour casser (un peu) l'image lisse qu'elle véhicule, comme les égéries Disney l'avaient fait (de manière beaucoup plus explicite) dans "Spring breakers".

 

Le film ne juge jamais ses protagonistes mais tente de se mettre à leur hauteur, même si on se sent parfois exclus de la problématique. Au final le film alterne les points de vues (selon les personnages aussi) et montre tour à tour le côté coupable, évident, de leur actes (surtout au travers de la leader) mais aussi leur côté victime d'un système qui vend (et impose) une vie inaccessible et futile à des ados en perte de repères. On accepte (ou pas) ces arguments, mais cela reste toujours intelligent et assez bien fait, surtout quand le film assume aussi être le véhicule de leur volonté de notoriété qui a explosé avec l'article de "Vanity Fair" dont est tiré le film et qui va encore plus exploser via le film. Un paradoxe très actuel.

 

Un film pop mais pas popu, qui fascine par son talent à filmer la vacuité. Intéressant.

 

Film vu en numérique VOST, Pathé Boulogne

Fiche Allocine

Fiche IMDB

 

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Published by cineguitt - dans Avis
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