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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 15:05

20270335.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg"Populaire", premier film de Régis Roinsard, a de premier abord tout du film français WTF, qui sent bon le téléfilm parachuté par erreur en salle grâce à une distribution aguicheuse. Le pitch laisse en effet perplexe quant à la propension du dit film à devenir "Populaire". Écoutez plutôt ; "Printemps 1958. Rose Pamphyle (aïe le nom ndlr) (...) devra participer à des concours de vitesse dactylographique"... Des secrétaires qui s'étripent dans un concours de vitesse à la machine à écrire? OK mais encore?

Arrivé en salle (blindée de personne ayant la vingtaine en 1958...) je me demande encore ce que je fais là. Et je ne vais pas tarder à savoir que oui, au fond de moi, sommeillait un accro des concours de dactylo en salle des fêtes.

 

La première bonne idée du film vient bizarrement de son aspect nostalgique pour certains qui peut paraître largement désuet pour d'autres. Le film flirte sans cesse entre ces 2 aspects en ancrant son récit dans un classicisme romantique magistralement mis en scène (et une sacrée belle reconstitution d'époque) et ce côté désuet assumé avec des dialogues assez improbables de nos jours et un décalage sociétal assez manifeste vu de 2012 (misogynie de l'époque etc.). Tout ceci est écrit avec minutie, et surtout joué très justement par 2 acteurs impeccables ; Romain Duris parfait dans ce rôle froid et rigide (un brin vieux jeu) de prime abord qui va se libérer avec la tornade blonde jouée par l'hallucinante Déborah François ("Le plus beau jour du reste de ta vie") qui insuffle au personnage de Rose une candeur et une fraîcheur adéquat avec l'époque.

 

Le second atout du film tient dans sa manière de construire son récit comme celui d'un film de sport. Tous les codes sont respectés à la lettre (le recrutement, l'entraînement, les doutes, l'abnégation puis le combat) et feraient presque passer le film pour un Rocky de la dactylographie. Osé et très bien tenu, le pari s'avère gagnant et tient le spectateur en haleine de bout en bout lui faisant oublier les quelques baisses de régimes de quelques passages.

 

Régis Roinsard signe un premier film abouti, frais, pétillant et léger et redonne ses lettres de noblesses aux films dits "populaires" de l'époque sans jamais user de second degré ou de sarcasme. Un joli coup.

 

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Published by cineguitt - dans Avis
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