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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 20:30

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Anne Fontaine, réalisatrice française qui a touché un peu à tout, du drame (« Nettoyage à sec ») à la comédie populaire (« Mon pire cauchemar »),  tente l'aventure internationale avec ce film franco-australien produit par Naomi Watts qui y interprète aussi le rôle principal au côté de Robin Wright. Elle avait déjà gagné ses galons internationaux grâce au scénario (honnête) de « Chloé », mais pour son début à la tête d’un film tourné en anglais elle a choisit une adaptation d’un livre « Les grand-mères » au thème plutôt sulfureux. Voyez plutôt ; 2 femmes, la cinquantaine approchante et à l’amitié fusionnelle, vont commencer chacune une relation avec le fils de l’autre… Sujet polémique et audacieux sur le papier, le film intriguait donc.

 

D’un point de vue formel d’abord, le film offre un bel ensemble ; les décors australiens, les plans en mer, l’ambiance cool, le surf... Le film installe son cadre comme un cocon et on s’y sent bien. Et heureusement car le reste va s’avérer pénible. Très pénible même. Le parti pris du film est de ne se fixer que du point de vue des 2 mères ; intéressant certes, mais les réactions de toute la gent masculine est complètement faussée et peu réaliste. On peut légitimement comprendre (même si c’est déplacé sur des jeunes qu’elles ont quasiment élevés) l’attraction de ces femmes « mûres » pour des jeunes au corps de surfeur, mais l’inverse beaucoup moins et cela n’est jamais vraiment expliqué ni compréhensible. Bref pour un homme le film est une tannée. Pourtant le film est très didactique, beaucoup trop même, sur plein d’aspects. Bavard, peu subtil dans sa réflexion (le coup de la pomme qui revient pour rappeler le péché de leur secret… waouh), il assène sa morale en ne laissant flotter et respirer son récit que dans de trop rares moments, les meilleurs sûrement. Le reste est hélas redondant et bien souvent apparaît assez malsain malgré les efforts pour lisser le tout ; au-delà du fait de l’écart de l’âge qui est certes discutable mais pas non plus ultra-transgressif (en tout cas c’est ce que je pense), il y a quand même l’esprit que ce sont presque des fils pour elles (l’un des garçons le dit clairement d’ailleurs) et surtout il y a ce discours du repliement sur soi-même, cette non-ouverture au monde et cette toxicité sociale qui en découle. Leurs rares essais d’ouvertures finissent par des échecs avec pour solution le repliement. Gloups. Sur le thème de l’âge, avec pourtant plus de légèreté, le récent « 20 ans d’écart » s’offrait même une réflexion plus intéressante alors que ce n’était clairement pas le but.

 

Les 2 actrices sauvent heureusement les meubles avec une vraie force d'interprétation qui fait décoller certaines séquences, et le courage de se montrer vieillissantes (mais toujours radieuses).

 

Un carré amoureux qui aurait pu être intéressant mais qui apparaît assez malsain sans être vraiment sulfureux (pensez-vous que le même film avec des hommes aurait été possible sans qu’ils passent pour de vieux pervers ?!) pour un fantasme de quinquas bourgeoises un brin frustrées.

 

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Published by cineguitt - dans Avis
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