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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 23:28

19821550.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20110930_104103.jpgSon aventure (désastreuse) américaine nous avait fait oublier la maestria des ses débuts (avec le remarqué "Métisse" et l'immense "La haine")... Mais revoilà Kassovitz revenu en France avec "son" film qu'il porte depuis plus de 10 ans et pour lequel il s'est toujours battu.

Après "Babylon A.D." (qui au passage représente une de mes pires expériences ciné) on le disait grillé à vie, alors avec "L'ordre et la morale" il n'avait plus trop de place pour l'erreur, sorte de film de la dernière chance.

 

Alors ce nouveau film est-il "le" film de la rédemption?

 

On ne peut pas dire que le début du film nous rassure beaucoup. Le film peine à trouver son rythme, son style, ses effets de style sont gratuits, la direction d'acteurs catastrophique... Comme engourdi par tant d'années de manque d'inspiration et comme frileux de se planter à nouveau, Kasso peine à retrouver son cinéma, qui balbutie et ne convainc pas.

Bref on s'inquiète franchement.

 

Puis à 20 minutes du film, vient le passage flash-back en plan-séquence de l'attaque du commissariat. Magistral.

 

A partir de ce moment le film se transforme, se libère. Malgré le peu de moyen, il réussit à pondre une reconstitution bluffante et puissante d'un pan de l'histoire que l'État aimerait oublier, et surtout aimerait qu'on oublie. Le combat complexe d'un homme pris entre 2 feux, entre sa hiérarchie et les preneurs d'otages, et qui va se retrouver piéger entre ses valeurs et ses obligations. Un sujet politique sous-jacent fort et taillé pour Kassovitz, qui retrouve sa verve et sa rage qui le caractérisait tant. Le film tend à montrer ce "milieu", en montrant les erreurs des uns et des autres qui ont mené à un désastre humain hors norme. Comme à ses débuts il n'en oublie pas la forme, avec des moments de cinéma époustouflants (les longs plan séquences tendus) et une construction de plan qui tient du génie. On regrettera le (sur)jeu de certains acteurs qui tendent à fragiliser le réalisme du film (sans compter les séquences post-synchronisées qui n'aident pas franchement). Mais finalement le film sait faire oublier ses défauts, et nous emporte grâce à une tension hors-norme.

 

On ressort la boule au ventre face au constat, et un petit goût de "haine" qui nous serre la mâchoire (oui le film renvoie au chef d'oeuvre de son auteur, commençant et finissant en miroir comme "La haine" de 1995).

 

Y'a pas à dire, Kasso est de retour.

 

 

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Published by cineguitt - dans Avis
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commentaires

Caro 17/11/2011 09:11


Bon j'hésitais mais je vais carrément aller le voir du coup! Est ce que tu as vu "fucking kassovitz", le making of de Babylon AD:
http://www.dailymotion.com/video/xm7nlr_fucking-kassovitz_shortfilms
Il est terrible !


cineguitt 17/11/2011 09:14



Oui vu, ce docu est pour moi le "lost in la macha" français... Sauf que hélas le film est lui arrivé jusque sur les écran, pour un pur carnage cinématographique...



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