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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 12:56

19806656.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110905_040449.jpgA première vue, le film a tout du film consensuel : estampillé « histoire vraie » avec pour héros un handicapé (physique) et un handicapé (social), on sent venir le sujet facile et mielleux. Bref avant de le voir on se dit déjà que l'entreprise est casse-gueule tant elle paraît tire-larmes.
Et en effet on pleure... mais on pleure de rire.
Car à l'image de son héros, le film ne verse jamais dans le misérabilisme, ni dans la mièvrerie des sentiments. Rarement le handicap n'aura été sur ce point si bien traité, utilisant l'humour comme vecteur de « normalisation » ; si on ne rit pas d'un sujet (ici le handicap) c'est qu'on est mal à l'aise avec celui-ci, on biaise alors tout rapport avec les personnes concernées. Philippe cherche au contraire la simplicité et la franchise des rapports, qui reflète la franchise même du film, humain et simple. Et c'est dans cette relation atypique que le film touche ; le duo est Cluzet/Sy est sidérant, leurs joutes verbales exceptionnelles. Un duo comme on en voit peu dans les comédies françaises souvent formatées sur le schéma du « héros sérieux et son compère boulet ». Les réalisateurs Toledano et Nakache signent ici sûrement leur film le plus abouti et complet, trouvant enfin leur équilibre entre l'humour et l'émotion, et palliant le manque de régularité de leurs précédents (très bons) films.
Bref, un film qui fait du bien.
Intouchables ? Touchés...

 

 

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Published by cineguitt - dans Avis
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commentaires

Rad Ed 7020 26/11/2011 15:47

****
Si le film est pour moi, LA comédie française de l'année, il n'en reste pas moins que comme le dit Rajiv, le film est un tantinet caricatural. Mais c'est aussi cela la comédie! Je suis très heureux
que l'on cite les "Farrelly" car j'ai eu ce sentiment en sortant de la salle que nous avions là ce qui se rapproche le plus de ce qu'ont fait les deux frangins (jusqu'à "Deux en un" au moins).
L'émotion en moins car en effet, je n'ai pas été si ému que ça. J'ai plus été "touché" par "Tellement proches" ou par les films des frères Farrelly. Il y a un je ne sais quoi dans l'écriture, qui
me rappelle les frère Coen aussi, mais je ne saurais pas dire quoi.
En tout cas une très très bonne comédie qui mérite ses entrées, dernière en date d'une série de films toujours plus fins. Un duo de réalisateurs à suivre, si, comme moi, vous ne le faites pas
déjà...

cineguitt 26/11/2011 20:02



Caricatural je l'admet sur le traitement cliché de la banlieue, sans subtilité alors que le personnage de Driss apparaît plus interessant.


Pour ce qui est du traitement de l'handicap en revanche je trouve que ce qui a été fait avec ce film est quand même balèse. Je suis un adepte des Farrelly mais là où ils me font mourir de rire,
ils me touchent nettement moins, la morale de leurs films étant un peu trop grossière (dans le sens pas fine) pour être vraiment efficace.


On reste d'accord sur une chose ; ce film et surtout ses réalisateurs restent le haut du panier de la comédie hexagonale (et battent heureusement le honteux "Rien à déclarer" de Danyboon).



rajiv 17/11/2011 14:18


Disons que le film n'est pas mauvais, c'est déjà ça. LA raison, c'est le refus du misérabilisme et des ficelles dramatiques habituelles. Pas de surdramatisation, de "droit à la différence", de
méchante famille et de grandes empoignades. Par... contre, Omar a une vraie energie, mais j'ai l'impression qu'il sonne faux et que c'est forcé. Le traitement du handicap est intéressant, mais dans
le genre, je préfère le travail des Farelly sur certains de leur film.
Concernant le "message", il y a quand même une chose qui me gêne pas mal, ça doit être mon côté bobo :) Le film est assez bling bling en fait, d'un côté, Philippe apprend une certaine insouciance
mais de l'autre tout ce qui fait halluciner Driss, c'est les bagnoles ,le jet privé, la baignoire etc...A aucun moment, on ne le voit s'intéresser un peu à l'art, la poésie, ou la musique. Le film
est limite porteur d'un certain racisme "OUais, tu vois les gars de banlieue, ils sont pas super pointus (limite teubés quoi") mais ils ont un coeur d'or." La seule fois où ça aurait pu bouger,
c'est le moment où on le voit peindre, mais non, c'était juste pour le fric, et c'est gâché par une scène limite indécente où on le voit accepter 10k en cash


cineguitt 26/11/2011 19:46



Intéressant comme analyse, je n'y avais pas pensé. Certes je trouve que le traitement de la banlieue est très caricatural, mais ne me gène pas plus que ça car est assez annexe par rapport au
coeur de l'histoire. Mon regret c'est de ne pas appronfondir plus la vie de Driss (le fait qu'il est adopté...) qui est sûrement plus passionnante que vu par le prisme de la "Banlieue" traité de
manière clichée...



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