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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 21:25

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Oui je sais, vous avez lu beaucoup de choses sur « Gravity », surtout ces derniers jours.  Une unanimité rare entre les avis de la presse et le bouche à oreille des premiers spectateurs, doublé d’un carton au box-office US où il bat tous les records. Mais, au-delà de tout ça, on en oublie l’essentiel ; si les attentes sont énormes c’est surtout que le film est le nouveau film d’Alfonso Cuarón, le réal mexicain qui nous a ébloui (entre autres) avec « Les fils de l’homme » en 2006 juste après avoir signer ce qui s’avère être sûrement le meilleur opus de « Harry Potter » (« Le prisonnier d’Azkaban »). Connu pour sa maestria opératique (cf les plans séquences à tomber des « Fils de l’homme »), il est également scénariste et producteur de ses films. A l’heure où Hollywood ne court qu’après reboots et sagas interminables, et flippe devant des projets originaux et formellement couillu (le film a été lâché par Universal avant d’être « sauvé » par Warner), ce « Gravity » pourrait s’avérer comme un exemple salvateur dans un modèle économique en pleine crise. Les premiers chiffres tendent à prouver la viabilité d'une telle entreprise qui montre que les spectateurs sont en attente de projets ambitieux qui mêlent divertissement et ambitions d’écriture et de réalisation. A la manière de Nolan, Cuarón continue donc son (difficile) combat pour nous livrer ce qui s’apparente à des « blockbusters d’auteur ». Allez on embarque dans la navette. Et il va falloir s'accrocher...

 

Soyons clair, je ne voudrais en aucun cas déflorer quoique ce soit du contenu du film. Je serais donc concis et je vous conseillerais d’éviter toute bande-annonce.

 

« Gravity », sous ses formes d'aventure spatiale, s’apparente en fait à un grand survival en milieu on ne peut plus hostile ; l’Espace et son vide infini. Et soyons clair dès le départ, de ce point de vue vous allez voir le film le plus abouti qui a été fait sur le sujet. Car si le film n'oublie pas une chose c'est d’être efficace et de remplir son job de divertissement ; les scènes d’action (quasiment toutes réalisées en longs plans séquences complexes) sont d’une virtuosité rarement vue (mouvements de caméras splendides, vues subjectives etc .), que seul un visionnage au cinéma (dans une bonne salle si possible) rendra justice. Le rendu est incroyable, la 3D (indispensable pour une fois) remplissant parfaitement son rôle dans ces séquences foraines inouïes. Le travail du son est également brillant et plonge le film dans un réalisme hallucinant en coupant tous les sons extérieurs (contrairement à ce qu’on peut voir dans la BA). Bref formellement c’est du (vrai) jamais-vu.

 

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Le concept pourrait être limité si le film ne se muait pas en un survival des plus stressants ; utilisant de manière astucieuse son environnement et les équipements des astronautes, le film multiplie les rebondissements. Manque d’oxygène dans la combinaison, difficulté de stopper un déplacement en apesanteur, nuages de débris, complexité des équipements (on voit les astronautes fouiller dans les modes d’emploi…), tout ça participe à une immersion totale qui permet au film de monter une tension incroyable en salle. Les mains moites, les muscles crispés, le spectateur vit le film. Viscéralement.

 

La puissance du film serait elle aussi limitée si Cuarón n’avait pas oublié la dimension humaine. Le film a beau se passer là « où aucun organisme ne peut vivre » (comme le rappelle le carton en début de film), c’est pourtant cette envie de vivre qui est la clé de voute de toute cette entreprise. Le film, d’apparence plus terre à terre que bien des films métaphysiques comme « 2001 », aborde des thèmes sérieux et émouvants de manière frontale (le deuil, la reconstruction, la mort…) au travers de ces 2 protagonistes qui donnent la dimension nécessaire au film pour s'assumer en film complet. Sandra Bullock, qui avait déjà montré sa puissance émotive dans l’excellent « Extrêmement fort et incroyablement près », est bluffante et offre quelques scènes d’une rare intensité pour ce qui restera sûrement comme la meilleure prestation de sa carrière.

 

Un spectacle inouï sous forme de survival ultime, qui clouera le spectateur à son siège pendant 1h30 de grand cinéma et touchera grâce à sa dimension humaine inattendue. Je crois qu’on appelle ça un chef d’œuvre…

 

 

Film vu en numérique 3D VOST, Pathé Boulogne

Fiche Allocine

Fiche IMDB

 

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Published by cineguitt - dans Avis
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commentaires

RadEd7020 29/10/2013 15:41

Et de deux! D'accord avec toi. La 3D pourra néanmoins ne pas convenir à tous, dans le sens où elle se fait "discrète" (comme je l'aime) à la manière d'un "Avatar" ou encore d'un "Tron l'héritage".
Pas trop de "jaillissements", mais un jeu sur la "profondeur". On n'est cependant pas (et c'est tant mieux) dans la conversion de l'épisode 1 de "Star wars" pire conversion que j'aie pu voir...
Chef-d'oeuvre, peut être pas... Mais grand, très grand film de cinéma....

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