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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 21:55

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Voilà un film qui ne fait pas consensus, peut-être parce que différent, couillu dans la forme et déstabilisant émotionnellement. Dérangeant en somme.

 

Un film centré sur un gamin ayant perdu son père dans les attentats du World Trade Center forcément ça fait peur tant le sujet se prête au mélo facile. Et c'est pourtant là que le film prend constamment à contre pied le spectateur, comme un leitmotiv, évitant habillement tous les poncifs du mélodrame post 11 septembre. Non on ne verra pas les images des tours en boucles, non on ne verra pas le point de vue du père piégé dans les tours… L’événement n’est relaté que depuis le point de vue d’un fils qui en plus souffre de troubles comportementaux qui ont étés décuplés depuis le drame : tout ce qu’il ressent le film nous le fait ressentir. Ainsi la séquence d’enterrement au début du film n’est qu’une formalité ; pour lui cela n’est rien puisque le corps de son père n’est pas dans le cercueil. La séquence est donc traitée avec une légèreté folle et inattendue. En revanche la traversée d’un pont qui le terrifie est relatée tel un exploit épique d’une tension rare. C’est déstabilisant mais justement c’est le but.

 

Et c’est par ce prisme, inédit, que le film s’intéresse au deuil, à l’héritage familial, à l'enfance, et plus largement au terrorisme, ses victimes et surtout à ceux qui restent. C’est par des paraboles simples (et pas simplistes) que le film traite des affres d’un événement majeur dans la vie de beaucoup, et de comment ne pas céder à ses peurs, et à la peur que tente de nous imposer le terrorisme. Ou comment parler intelligemment de l’Amérique post-11 septembre sans en avoir l’air. Il est pour moi, avec dans un autre genre « Vol 93 », le seul film à traiter frontalement avec justesse de cet événement.

 

Rien n’est prévisible, à chaque fois le film fuit la facilité dans un montage complexe mais habille tel le patchwork qu'est en train de créer le héros. Cette forme déstabilise au début, demandant au spectateur de lâcher prise, pour mieux le fragiliser émotionnellement. En découle une demi-heure de fin bouleversante où tout un tas d’émotions s’entremêlent. Cela mettra sûrement mal à l’aise beaucoup de monde certes, mais arrêtons de dire que le film est tire-larmes là où justement il fuit toute les facilités du genre. Pourquoi quand un film touche cela en devient un défaut ? Peut-être parce que justement certains n’aiment pas perdre prise

 

Un film bordélique, imparfait et touchant, qui ne plaira sûrement pas à tous.

 

Extrêmement différent et incroyablement poétique.

 

 

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Published by cineguitt - dans Avis
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