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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 17:10

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David Ayer, scénariste de "Training day" puis réalisateur de "Bad Times" et "Au bout de la nuit", continue sa dissection du monde (sombre) de la police US (celle de Los Angeles plus précisément), devenu sa spécialité et une constante dans sa filmo. Il utilise son expérience personnelle pour décrire comme personne la violence des bas fonds de L.A. où il a lui même vécu. Si ses précédentes réalisations n'évitaient pas certains clichés du genre (corruption, indics etc.) et optaient pour l'analyse des frontières floues entre le bien et le mal, ici le film suit 2 flics "lambdas", un brin cabots, qu'unissent une amitié forte et un sens du devoir viscéral en dehors des clous administratifs. Pas de ripoux dans les parages donc, mais un duo qui va devoir se battre contre un gang de narcotrafiquants adepte de règlements de compte hardcore. Le film en est-il manichéen pour autant? Pas vraiment en fait, car paradoxalement David Ayer utilise ce classicisme pour le transcender et créer par la même ce qui s'avère être son meilleur film.

 

Le film se démarque d'abord par son concept assez novateur d'utiliser de multiples types de prises de vues, entre caméscopes et caméras cachées utilisées par les protagonistes (ce qui en dit long sur notre société connectée qui ne cesse de vouloir immortaliser le moindre geste et mettre en scène sa propre existence) et l'utilisation de caméras à l'épaule, focale courte, pour les plans "nobles". Tout ces plans s'entremêlent peu à peu et réussissent à fournir un degré de réalité rare et une liberté de réalisation assez folle ; caméra nightshot, plans doom-like (façon FPS), caméras embarquées etc. Cela rappelle la liberté formelle, révolutionnaire en son temps, de "Tueurs-nés" d'Oliver Stone. Déstabilisant au début mais d'une efficacité incroyable et (quasiment) jamais gadget.

 

Tout cela serait assez vain sans un récit qui lui aussi prend des libertés salutaires. Il n'y a pas, à proprement parler, une intrigue moteur comme dans beaucoup de polar. Ici la colonne vertébrale du film est fournie par le duo principal dont on va suivre le quotidien, leurs vies perso, leurs délires. D'où l'importance des acteurs choisis, Jake Gyllenhaal et Micheal Peña, qui campent ici 2 flics ami-ami dont la complicité semble toute naturelle, grâce un une direction d'acteurs impeccable, des dialogues taillés au couteau et un jeu d'acteur parfait. Jake Gyllenhaal confirme au passage (s'il en avait encore besoin) qu'il est l'un des meilleurs acteurs de sa génération. Après s'être poser quelques questions sur leur détachement vis à vis de leur quotidien très violent (sur lequel ils essayent de prendre du recul en quelque sorte en se mettant en scène avec un caméscope), on s'attache réellement à ses deux compères, à leur familles (les femmes, comme chez Micheal Mann, ont une place importante et jamais faire-valoir). Bref on devient potes avec eux et l'utilisation de caméras toujours au plus près de ces derniers tend à monter une tension palpable  lorsqu'ils sont en danger. Les 20 dernières minutes, paroxysme de stress et de violence, s'avèrent réellement brillantes de ce point de vue.

 

Un film multiple donc, entre humour, polar et émotion, sorte de buddy-movie sombre, âpre et ultra-violent.

 

Une belle claque cinématographique.

 

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Published by cineguitt - dans Avis
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