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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 13:50

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/01/24/12/09/007448.jpgDécidemment, ces dernières années, le cinéma canadien a su charmer Hollywood ; après l’Oscar du meilleur film étranger pour « Incendies » (que j’ai déjà bien défendu ici) qui a permis à Denis Villeneuve de produire son excellent premier film hollywoodien « Prisoners » cette année ; après le succès de « Starbuck » qui va passer à la moulinette du remake US (après avoir déjà été, inutilement, adapté chez nous « Fonzy ») ; au tour donc de Jean-Marc Vallée (« C.R.A.Z.Y », « Café de Flore ») de céder aux sirènes d’Hollywood avec ce « Dallas buyers club » attendu. Très attendu même suite aux nominations et carton aux Golden Globes, et surtout attendu pour la prestation de Matthew McConaughey qui devient (après un début de carrière très série B tendance surfeur) l’acteur le plus en vue du moment depuis « Killer Joe » et « Mud ».

 

Estampillé du casse-gueule « based on a true story » sur un type atteint du VIH, le film a (à priori) tout du film à Oscars, mais pas forcément dans le bon sens du terme ; on peut y voir un sujet tire-larmes un peu facile. Pourtant, dans les mains de Vallée, dès le départ, on sent que les choses vont être différentes. D’abord parce que Ron Woodroof n’est pas un type bien. Il est intolérant, alcoolique, misogyne et homophobe. Dur d’en faire un héros. Mais finalement, confronté à la pire des situations (on lui annonce qu’il ne lui reste plus que 30 jours à vivre) et victime alors de la même intolérance qu’il a fait subir à tant d’autres, il va se transformer ; en effet le VIH est encore, au milieu des années 80’s, considéré comme une maladie d’homosexuel (vu aussi comme une maladie), il ne faut pas toucher un malade qui est vu comme un pestiféré, et tout cas de VIH  signifie une mort est imminente. On pourrait alors penser que notre cowboy texan va alors brûler la vie (ce qu’il lui en reste) par les 2 bouts ou qu’il va abandonner. Mais non. Il va au contraire s’accrocher à tout prix, faire des recherches pour trouver son propre traitement, affronter médecins et lobbies pharmaceutiques qui verrouillent le système. Un rodéo âpre, enragé, pour s’accrocher à la vie coute que coute.

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/01/09/10/34/191824.jpg

Il va monter son club de résistance en important des traitements illégaux en provenance d’autres pays et il va s’associer avec un travesti lui aussi atteint de la même maladie (Jared Leto, époustouflant). Il va apprendre alors petit à petit la tolérance et le respect des autres, qui sont autant dans la panade que lui, et se transformer en un Don Quichotte des séropositifs. C’est alors là que le film devient passionnant ; parce que son sujet est universel (l’instinct de survie et la rédemption), parce que le ton n’est pas à la mélancolie ou à l’appel à se morfondre, mais au contraire à se bouger face à la maladie, parce que le film est souvent drôle (grâce aux répliques râleuses de McConaughey) avant d’être touchant, et que son sujet, finalement politique, est passionnant. Si on ajoute à ça la mise en image est magnifique et le montage d’une rare subtilité, on obtient bien là un film incontournable en ce début d’année.

 

Tout a sûrement été dit à ce sujet mais il faut le dire ; Leto et McConaughey livrent eux une prestation inouïe (qui va bien au-delà de l’effort physique accompli avec une perte de poids affolante) et pourraient rafler les 2 statuettes (second rôle et meilleur acteur) aux prochains Oscars, même si jusque là j’aurais tant voulu que DiCaprio ait enfin la reconnaissance qu’il mérite.

 

Jamais pesant mais souvent drôle, jamais mélo mais touchant, un biopic passionnant de bout en bout grâce aux prestations hors normes de ces 2 acteurs principaux. Sorte de rodéo où le but est de rester le plus longtemps en selle avant que la maladie vous ejecte, le film prend aux tripes par une émotion difficile à décrire. C'est peut-être ça "La fureur de vivre".


Film vu en VOST numérique, Pathé Boulogne

Fiche Allocine

Fiche IMDB

 

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Published by cineguitt - dans Avis
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