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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 21:00

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/303/21030330_20130823114607709.jpgRe-voilà l'électron libre Dupontel aux commandes de son (mine de rien) 5ème film. On a beau adoré le bonhomme, sa désinvolture et sa provocation, on ne peut pas dire qu’il soit un grand réalisateur pour autant. Parce que son cinéma est bordélique, parce que son manque de rigueur formel tend à polluer certaines séquences ; bref parce que le monsieur a beau être talentueux dans son jeu, il n’arrive pas vraiment (ou mal) à retranscrire sa folie sur pellicule. Pas assez du moins. Ou trop justement. Bref c’est le bordel.

 

Comme réponse à certains qui lui reproche son esthétique parfois pas abouti, Dupontel offre une séquence d’ouverture hallucinante soit un plan-séquence complexe, millimétré et parfaitement exécuté. Cela rappelle directement le cinéma de son pote Gaspar Noé (tendance « Irréversible ») et prouve que cette fois il a décidé de s’engager dans un cinéma plus ambitieux. Et de ce simple point de vue, le film est une réussite déjà en soi. Parce que ses lignes narratives sont plus propres, sa réal soignée tout en faisant moins d’esbroufe inutile mais en livrant quelques bonnes trouvailles de mise en scène (notamment pour les ellipses). Bref du bon boulot au niveau de la forme moins brouillonne qu’auparavant. De ce côté c’est sûrement le film le plus mainstream qu’il ait fait, le choix de Kiberlain soulignant encore cet aspect que certains trouveront aseptisé. Et pourtant…

 

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/413/21041345_20130918124028285.jpg


Sous ses traits de comédie bien rôdée et (relativement) grand public, le film ose pourtant. On retrouve les séquences proches du cartoon si cher à Dupontel mais surtout une vraie volonté de pirater le genre en montrant l’in-montrable comme quelques séquences bien sanglantes « so shocking » pour bien des spectateurs qui s’attendait plus à une comédie populaire gentillette. Et oui Albert est méchant. Mais il sait être aussi généreux, car son film est dense comme à chaque fois (sauf peut-être une trame globale assez attendue et linéaire), avec des passages cadeaux où quelques guests pointent leur nez ; Dujardin, Gaspar Noé et Jan Kounen (dont le film puise pas mal d’inspiration esthétique et provoc) ou encore Terry Gilliam, guide spirituel de Dupontel. Dommage que la partie finale soit trop convenu et cède un peu trop à la gentillesse là où le film aurait pu se finir en apogée de délire.

 

Plus cohérent, moins bordélique, Dupontel le sal gosse réussit le pari de mêler comédie mainstream et délires provoquants sans vendre son âme. Certains diront qu’il a mis (trop) d’eau dans son vin. Je pense plus, pour ma part, que c’est tout simplement son film le plus abouti.

 

Film vu en numérique, Pathé Boulogne

Fiche Allocine

Fiche IMDB

 

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Published by cineguitt - dans Avis
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