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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 01:43
13 Hours ***

Beaucoup le savent, je ne suis pas un grand fan du cinéma de Michael Bay, mais il faut lui reconnaitre son talent indéniable de mise en scène d'action quand il sort l'artillerie lourde. Sa filmo est ainsi émaillée de quelques bonne surprises (THE ROCK, THE ISLAND) mais depuis qu'il s'est englué dans la (lourde) saga TRANSFORMERS, on avait un peu perdu espoir. Puis il y a eu NO PAIN, NO GAIN (que je conseille graaaaandement!) où il écorchait le rêve américain dans un film complètement barré. Là on s'était dit qu'un autre Michael Bay était peut-être apparu ; plus fun, mais aussi (légèrement) plus taquin quant à la mère patrie dont il aime tant filmer le drapeau. Le voilà donc aux commandes d'une nouvelle histoire vraie, mais ici on parle de guerres modernes et de combats urbains. Qui de mieux pour ces combats que le badass Bay? Oui mais on flippe un peu du discours qu'il va nous livrer au milieu de tout ça, tant il n'est pas connu pour sa subtilité... Et on a tout faux.

 

Ce qui frappe directement dans l'intro c'est la parfaite instauration de tension dans un Benghazi reconstitué pour l'occasion ; montage acéré, musique tendue, on y voit s'affronter du regard dans une rue bloquée des agents de sécu US (ex-SEAL), des supposés terroristes et la population locale mêlée à tout ça. Cette scène résume en fait tout ce qu'on va voir après : la guerre "moderne" est complexe, jamais binaire, difficilement lisible, même par ceux qui la font. Ainsi les agents ne savent pas à qui se fier, les terroristes se mêlant aux populations, la communication toujours compliquée quand aucun interprète n'est présent. Le film représente malheureusement cette confusion quand les scènes d'action massives arrivent ; on a souvent du mal a discerner les amis des ennemis, et Michael Bay galère à filmer les combats de rues de manière lisible tant il gère mal la spatialisation des combats ; peu de cinéastes ont réussi ce dur défi, Ridley Scott et LA CHUTE DU FAUCON NOIR et Peter Berg avec LE ROYAUME sont les modèles pour moi. Ici c'est plus brouillon, et certains combats sont comme le conflit en général ; incompréhensible. Dommage. Heureusement tout rentre dans l'ordre quand le film se concentre sur un lieu, comme cette scène de fin réplique de Fort Alamo.

13 Hours ***

Malgré tout, avec ce dispositif d'action pur, Bay est dans son élément et enchaîne les money-shot incroyables (jusqu'à l'excès de mauvais goût parfois), dans un montage si serré qu'on ne se rend même plus compte de la complexité de certains axes ; caméra qui suit un corps qui tombe dans une piscine, plan de drones, le remake de son "plan obus" de PEARL HARBOR... Il se fait plaisir. Alors certains lui reprocheront sa sur-stylisation de la violence qui peut passer pour de la complaisance, mais on ne pourra pas lui reprocher d'assurer le spectacle. Le plus surprenant au final c'est quand le film s'essaye à l'analyse (chose qu'on attend pas de Bay) et se montre assez critique ; questionnements quant au bien fondé des interventions US dans des conflits nationaux dont ils n'ont rien à voir, questionnements sur l'utilisation d'agents privés (mis de côté dans l'Histoire) à la place de militaires US, non support aérien de l'armée officielle... Toujours bienveillant avec ses protagonistes (le film n'est pas pro-US mais rend hommage aux humains qui se battent pour), on sent que Bay est quand même bien remonté, comme le montre sa symbolique forte, malmenée ici ; le drapeau US est filmé se faisant cribler de balles ou coulant, déchiré, au fond d'une piscine. Tout une image pour clore un film sur un constat amer.

 

Un film taillé pour Michael Bay qui se fait plaisir quand il film des scènes d'action géantes. Bay nous surprendra toujours ; il se foire (un peu) sur certains combats urbains mal spatialisés et peu lisibles (il se rattrappe largement après), mais réussit à nous sortir une critique assez dure sur l'intervention US dans les conflits nationaux, en rendant hommage aux hommes qui se battent pour un conflit qui les dépasse. Si même Bay, le patriote, est fâché, c'est que vraiment c'est le bordel...

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Published by cineguitt
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