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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 08:16
Creed ****

7ème round. Rocky revient. Encore. Après un retour, émouvant mais pas très punchy, en 2007 (ROCKY BALBOA), dans lequel Stallone livrait déjà une sorte de testament et un constat sur la vieillesse, cette fois il passe la main ; ce ne sera pas lui à la réal, et pour la première fois pas lui non plus au scénario. Il passe le flambeau sur ces 2 postes au jeune réal Ryan Coogler (29 ans), qui avait marqué les esprits avec son premier film FRUITVALE STATION il y a 2 ans. Et justement le film traite du passage de flambeau, de l'héritage de la légende, du poids d'un nom connu. Le fils d'Apollo Creed, ennemi puis entraineur de Rocky, vient chercher l'héritage d'un père qu'il n'a pas connu et vient sortir de la retraite un Rocky vieillissant. Et déjà le film marque sa différence, pour exister en tant que tel. Ce film n'est pas ROCKY VII. Ce film c'est CREED (seul le distributeur français a ajouté ce titre aguicheur "L'HÉRITAGE DE ROCKY BALBOA").

 

Allez, la cloche vient de sonner, entrons sur le ring.

 

ROUND 1. Coogler chauffe le ring, prend ses marques. Le film entre assez classiquement dans les codes du genre. Car oui le film de boxe est devenu en soit un genre à part entière. Je ne suis pas un fan invétéré de la boxe, mais je l'ai déjà dit ici, c'est un sport qui a le potentiel pour créer de grands films ; pas tant pour ce qui se passe sur le ring que pour ce qui peut s'y passer dehors. Récemment on a vu de belles démos (comme le magnifique FIGHTER de David O. Russell), mais aussi des ratés (LA RAGE AU VENTRE de Antoine Fuqua cette année...). Coogler connaît ses classiques et entre donc son personnage dans le moule ; le self-made man, boxeur autodidacte, qui veut monter en niveau et affronter une pointure de la catégorie. Tiens, ça serait pas un peu le pitch de ROCKY? Il commence cependant déjà à affirmer son identité pour parer les coups ; une réal assez indé, des plans qui prennent leur temps, une image pas clinquante. Efficace, sans trop en faire, il monte son personnage sans esbroufe. Prise de marque parfaite. Tu es surpris mais impressionné.

Creed ****

ROUND 2. Le film marque son style, lâche la bride. Le tournant du film vient lors du premier match que va faire Creed ; là il lâche un (faux) plan séquence somptueux, tout le match étant filmé comme jamais un match de boxe ne l'a été jusque-là. On est au plus près des combattants, la caméra n'arrêtant pas de passer d'un point de vue à un autre, les acteurs alternant les regards caméra puis les gauches-droites au plus près de la caméra. On sent la transpi, on goûte le sang, on se crispe au fur et à mesure que les visages se déforment. L'intensité en terme de cinéma dépasse tout ce qu'on attendait du film et bascule d'un coup la saga dans autre chose que de la série B qu'on aurait pu lui allouer. Un direct du droit cinématographique. Tu vacilles.

 

ROUND 3. Le film intensifie ses frappes, et joue les feintes de corps. L'entrainement s'intensifie, avec lui le montage prend une autre ampleur. Montage cut, musiques Hip-hop, les plans percutent, le jeu de M.B. Jordan sidère tant on croirait le gars venu du monde de la Boxe. Stallone joue lui de sa vieillesse, de son côté old-school. Tu te mets sur tes gardes, ce schéma tu le connais. Puis d'un coup le combat se déplace sur un autre terrain, inattendu lui. Le combat sera donc double pour le duo Creed/Balboa, chacun le sien à sa manière. Contre-pied et crochet dans ta mâchoire, que tu ne pourras alors plus fermer.

Creed ****

ROUND FINAL. Le film enchaîne les coups, et marque un contre-pied. Le match final tant attendu arrive, mais l'émotion est à son comble à ce moment là. On se demande comment le match va alors être montré. Et bim coup de génie. Un nouveau (faux) plan-séquence vient nous terrasser. Pourtant il n'est pas pendant le match, mais en amont; le film l'a bien compris, c'est là que tout se joue. Un plan de main sur une épaule vaut bien n'importe quel Money-shot usuel. Le match lui commence sur des plans TV assez classiques (parti-pris de FIGHTER), qui surprend par rapport à nos attentes. Mais dès que Creed prend l'avantage, la caméra bascule en mode "Cinéma" près des corps, pour finir dans une intensité des plus folles. Pourtant jusqu'au bout le film gère son récit, et l'amène là où on ne l'attendait pas. Ainsi quand on attend le coup de grâce il ne vient pas. Celui-ci arrivera dans la séquence finale d'après, qui en dit tellement long qu'elle nous bouleversera aux larmes. Uppercut dans ta face. KO Technique.

 

Vous l'aurez compris, le film gère son récit comme un match de boxe et, c'est inéluctable, il mettra KO toute personne qui acceptera de rentrer sur le ring. L'efficacité de ROCKY, l'humanité de FIGHTER. Le film qui transcende une saga culte, tout en affirmant son identité. Un upercut ciné.

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Published by cineguitt
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