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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 12:25
"La rage au ventre" **

Bon je l’ai déjà dit ici, je ne suis pas le plus grand fan du cinéma d’Antoine Fuqua qui, depuis son coup de génie « Training day », n’a jamais livré de vrais bons films. On citera en vrac « Shooter » ou « La chute de la maison blanche » pour prouver mes dires (voire dans une moindre mesure le récent succès « Equalizer »). Oui mais je déteste tout autant ce réal que j’adore Jake Gyllenhaal, un des acteurs les plus intéressants du moment (« Brothers », « Prisoners », « Enemy » pour ne citer qu’eux). Alors quand on voit le boulot de transformation physique (une habitude pour lui) et d’entrainement pour arriver à être crédible en tant que champion de Boxe on se met à croire au potentiel de ce film…

La Boxe et le Cinéma. Une longue histoire d’amour qui a souvent donné des films qui ont fait date ; on pense forcément à « Rocky », « Raging bull », « Million dollar baby » ou encore le récent « Fighter » (un gros coup de cœur en ce qui me concerne). Au-delà même de l’aspect (forcément cinématographique) du duel sur le ring, ces films ont marqué par ce qu’ils dépeignaient en dehors de celui-ci ; ce sont des films (paradoxalement) souvent très humanistes, créant une empathie forte avec les héros de ces récits, empathie qui décuple la tension des combats en eux-mêmes (qui ne sont que rarement centraux dans la construction des films). Alors forcément ici, le film s’inspire un peu (voire beaucoup) de ses ainés. Mais foire tout.

1er round, le film nous offre une entrée en matière plutôt efficace, une vraie énergie se dégage de la mise en scène qui nous présente le héros avant sa montée sur le ring. On voit déjà les choix de réal (discutables) se mettre en place ; montage tortueux, chaque plan trop lourdement posé, on se croirait dans un clip d’Eminem… Pas grave en soit. Juste pas ce à quoi on s’attendait. Le film entame alors son match en enchainant les erreurs très dommageables pour son entrée sur le ring ; c’est simple le film y va au bulldozer. Personnages clichés, entre boxeur à succès blindé de fric et vantard, la femme (Rachel McAdams) un brin potiche… Le film n’y va pas à moitié quand il s’agit de faire naitre l’empathie nécessaire ; le héros va tout perdre (oui il a révisé ses classiques il tente le coup de « Rocky IV »). Allez, dans l’ordre : sa femme meurt, il devient alcoolique (oui oui d’un coup), il est ruiné (d’un coup aussi alors que tout allait bien), ses potes et associés le lâchent, il est suspendu 1an et pour conclure le tout on lui retire la garde de sa fille. Rien que ça. Oui la subtilité n’est pas le fort du film vous l’aurez compris. Pendant près d’une heure le film essaye de faire gagner de la substance à son récit mais y va tellement fort que le film n’arrive pas à faire monter la moindre tension. Du coup, chose incroyable, Gyllenhaal est parfois en sur-jeu, un brin cabot, tellement son jeu se trouve en surintensité par rapport au reste… Comme un boxeur qui cognerait dans le vide, le film n’arrive pas à nous toucher, et on commence à se demander comment il pourrait rattraper son match.

"La rage au ventre" **

2ème round, le film joue la carte de la rédemption. Le héros va se reconstruire et recommencer tout son entrainement auprès d’un entraineur de quartier (Forest Whitaker) ; un vieux black borgne un peu bourru. Oui encore un personnage déjà vu (cf Morgan Freeman dans « Million dollar Baby ») et un cliché de +. Mais le film réussit à raccrocher (un peu le spectateur) ; moins insolent, plus juste dans la direction d’acteur… Seulement le scénario (encore lui) enchaine les défaillances. Le film n’arrête pas d’insérer de nombreuses idées, et oublie les 3 quarts en route. En l’état le film aurait dû durer 3h ou être traiter en mini-série. Pas étonnant quand on sait que c’est le premier long du scénariste, Kurt Sutter, scénariste auparavant des séries « Sons of Anarchy » et « The Shield ». Oui mais voilà écrire un film est différent, et ici la majorité des éléments du récit sont zappés faute de temps (sa relation avec son ex-manager, l’enquête sur le crime etc.) et on élude pas mal d’éléments qui aurait pu faire la substance même du film…

 

3ème et dernier round, la revanche. Le combat final. N’arrivant pas à mettre en scène les combats, les ellipses sont nombreuses. Pire, pour arriver à faire monter la tension, il laisse les commentaires télé faire le job pour qu’on comprenne quelque chose. Gyllenhaal a fait un boulot dingue dans son entrainement de boxeur (bluffant), mais ce n’est pas mis en valeur par la réal, plate et n’arrivant pas à affirmer son style. [SPOILER] Le comble. Après nous avoir fait bouffer tous les poncifs du genre, le film tente alors une esquive de dernière minute. A défaut d’assumer son côté série B jusqu’au bout, le film va faire le choix (nullissime en l’état) de faire une victoire aux points et non par KO. Rien de moins cinématographique quand on n’a pas le talent de mettre en scène le moindre suspens. Du coup le climax est plat, s’ajoutant au fait qu’il balaye pas mal d’éléments (on ne voit aucune confrontation avec son ancien manager et entraineur). [FIN DE SPOILER]

 

Un film qui avait peut-être du potentiel mais pas dans les mains de Fuqua qui veut frapper trop fort, qui ne met aucune subtilité dans la réal d’un récit trop cliché, qui tente de refaire un « Rocky IV » sans âme. Droite/gauche de clichés, feintes de corps inutiles, uppercuts de bons sentiments, le film ne mettra personne KO.

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Published by cineguitt
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