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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 00:16
"Jurassic World" ***

1993. Spielberg. "Jurassic Park". Un de mes premiers souvenirs en salle obscure, et surement le déclencheur de pas mal de choses dans ma tête de gamin de 8 ans. Ma première claque cinématographique. Voir des dinosaures prendre vie dans le monde contemporain, un rêve de môme que seul le 7ème Art est capable d'offrir. J'ai compris alors la force du Cinéma, sa magie, et je crois que ma passion est née de là. C'est dire à quel point j'affectionne cette saga, à qui j'ai même pardonné sa suite "Le monde perdu" (que secrètement j'affectionne un peu) et j'en ai oublié son inutile 3ème opus. La ressortie 3D du film en 2013 n'a fait que confirmer les qualités indéniable d'un film qui ne vieillit pas. Alors quand on annonce d'un coup le retour de la saga dans un tout nouvel opus, on ne sait pas si on doit sauter de joie ou craindre le pire. Exit Spielberg, exit John Williams. Oui mais malgré une BA que je n'ai personnellement pas apprécié, il faut quand même reconnaître que le pitch a quelque chose d'extrêmement excitant: cela se passe 23 ans après les tragiques événements du premier opus (le film élude les 2 suites en ne citant rien de ces épisodes) et le Parc, renommé "Jurassic World" a finalement ouvert ses portes. On va donc pouvoir enfin visiter le parc qui a finalement pris vie, et comme on sait que ça va dégénérer, on se demande ce que ça va donner avec tant de public autour #cynisme.

Alors l'héritage de "Jurassic Park" est-il respecté? Oui, en partie tout du moins, dans sa thématique générale en tout cas.

C'est assez marrant de voir à quel point le film a des réflexions très méta sur sa thématique et renvoi sans cesse au film en lui-même, voire à l'industrie d'Hollywood plus largement : le film critique par exemple le souhait du public, en mal de sensation, de voir "toujours plus gros, toujours plus fort, toujours plus extrême", et les industries du divertissement qui viennent combler ces volontés pour amasser toujours plus d'argent au détriment de toute éthique (la fameuse phrase du film "si ce n'est pas moi qui le fait ce sera quelqu'un d'autre"). Mais, le paradoxe (un parmi tant d'autres) le film fait exactement pareil, en poussant les curseurs plus loin que le(s) premier(s) opus ; des dinosaures plus gros, des scènes d’actions plus démentes, et une violence poussée à son maximum. Et c'est là que le film décroche de son but premier, en ne respectant pas l'ADN même de la saga qui se voulait d'abord familial ; le film est d'une violence inouïe pour un film grand public, les gerbes de sang, les morts par dizaines, mêmes les combats de dinos sont sadiques. C'est dommage car le film dévie alors (trop) de sa cible. Ce film n'est pas fait pour les enfants.

"Jurassic World" ***

Au-delà de sa réflexion globale (sur l'industrie du divertissement et sur notre relation aux animaux) le film n'oublie pas l'action, qui privilégie les VFX (plutôt sympas dans l'ensemble, mais parfois d'un kitch total - cette course de motos / raptors quoi!) aux animatroniques de l’époque. Le film fait le job à ce niveau, mais l'alchimie avec les personnages n'est pas là, comme trop écrasés par la dimension du parc et la dimension des dinos. Chez Spielberg c'était autre chose, nous étions plus à la hauteur des personnages (alors qu'ici ils sont filmés souvent de haut) et nous nous attachions aux persos. Ici ils sont souvent trop clichés en reproduisant les schémas éculés du premier film (sur les relations de fratrie et sur la femme qui ne veut pas avoir d'enfants et qui s'en fout d'eux... ou pas).

 

Mais là où le film marque définitivement des points c’est bien sur l’hommage rendu à « Jurassic Park » ; sans tomber dans le fan-service de base, le film livre de vrais bonbons à tout fan du film original. On aime les clins d’œil bien amenés sur la saga via le personnage joué par Jake Johnson (Nick de « New girl ») qui reprend le cynisme cinglant du professeur Malcolm (Jeff Goldblum) dont il a même un exemplaire sur le bureau ; on aime la virée dans l’ancien parc, avec son lot de gadgets laissés à l’abandon ; on aime le jeu habile de reprise du thème culte de John Williams… Bref un kiff total pour le moindre adepte de « Jurassic Park ».

 

Trop violent, trop détaché de ses personnages, le film perd de son âme sous les obligations de devoir faire « plus gros ». Mais c’est justement le thème central du film qui, au-delà de sa trame sur notre relation (cruelle) au monde animale, vient aussi dénoncer le phénomène de surenchère de l’industrie du divertissement qui oublie tout éthique et préfère le toc (le manipulation ADN ici). Un pamphlet sur l’industrie d’Hollywood par extension. Au-delà de ça le film fait (bien) le job en livrant son lot d’action dans l’ensemble bien foutue, et en livrant surtout quelques beaux hommages au premier film.

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